ESSAI: FORD FOCUS ST

FORD FOCUS ST 2.0 SCTI 250 Ch – Prix: 31 150 € – 15 cv  – Malus: 1 500 € (2013) / 2 200 € (2014)

Le monstre du « Loch du Causse »

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Rien ne semble devoir troubler les eaux calmes du lac du Causse…
Mais il faut dire que la Focus est à l’arrêt…

Contrairement à « Nessy », ici pas de témoignages douteux, ni de trucages bidons, cette monstrueuse bestiole existe vraiment et ne cherche pas à faire dans la discrétion !

La Focus ST assume son statut de berline compacte sportive et semble être l’arme idéale pour hanter les départementales et bien décidée, elle aussi, à se forger sa légende !

Ne vous fiez pas à sa couleur « Casimir », ce monstre là n’a pas sa place sur l’île aux enfants…

SONY DSCPREMIER CONTACT: Lorsque je découvre la Focus ST en ce mercredi après-midi, jour des enfants, sa couleur « Tangerine scream » m’évoque un court instant ce cher vieux Casimir,  qui a bercé l’enfance de nombreux trentenaires et quadras… Je précise « un court instant » car la ligne musculeuse et sérieusement virilisée de la Focus ne laisse pas longtemps place à la rigolade. Elle dispose en effet de tous les accessoires d’usage, sans pour autant verser dans la « Kéké’s touch » de mauvais goût : béquet, bas de caisse, jantes de 18 pouces anthracites, étriers de frein rouge (…en option) et une superbe double sortie d’échappement centrale à laquelle s’ajoute un système d’amplification du son du moteur dans l’habitacle. Ça, par contre, si on ne le sait pas, on ne s’en rend pas compte tout de suite…

La Focus ST s’offre également une calandre différente du reste de la gamme, équipée de volets actifs destinés à améliorer l’aérodynamique (et donc à réduire la consommation)  et /ou le refroidissement du moteur. A titre personnel, je n’accroche pas trop, mais force est de reconnaître qu’elle ne passe pas inaperçue.

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Contact ! Partons hanter le Causse Corrézien !

Le moteur 2 litres à injection directe gavé par un turbocompresseur produit une puissance remarquable de 250 ch et un couple 360 Nm disponible très tôt ( 1 750 tr / min). La Focus ST se veut le fer de lance de la gamme et se donne clairement les moyens d’aller jouer dans la cour des Mégane R.S et autres Golf GTI :  outre cet excellent moteur, citons pêle-mêle des trains roulant spécifiques, une direction très directe dont le nombre de tour de volant de butée à butée se limite à 1,8 (au lieu de 2,5), un système de freinage renforcé (320mm à l’avant et 271mm à l’arrière), un contrôle vectoriel de couple (eTVC) qui répartit la puissance entre les roues avant, et j’en passe.

 L’envie d’aller taquiner le tachymètre (pas facile à dire ça !) sur les routes serpentant autour du lac du Causse se fait donc grande, mais une antique 205 Junior roulant à 60 km/h m’oblige à patienter… Je laisse donc la mécanique tranquillement monter en température. Je peux d’ailleurs suivre celle-ci à l’aide des différents manomètres supplémentaires situés sur le haut de la planche de bord. Ils me renseignent également sur la pression d’huile ainsi que sur la pression de suralimentation (jusqu’à 1,8 bar).Bien utile en conduite sportive, mais leur position obligent à quitter la route des yeux, n’étant pas dans l’axe des yeux du « pilote ». Du coup, on les regarde… aux feux rouges !

Mano à mano avec les manos...

Mano à mano avec les manos…

SUR LA ROUTE:

Zone de Texte: « Mangez-des pommes ! » Un slogan qui parle aux corréziens pour diverses raisons…  Cette Focus, elle, a mangé du lion !</p><br /><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Le son caverneux du 2 litres à bas régime est un régal. Ensuite, plus il monte dans les tours plus le son se fait métallique. C’est moins mélodieux que l’ancien 5 cylindres d’origine Volvo de la précédente génération, mais cela ne laisse pas pour autant indifférent. Chaque levée de pied s’accompagne également d’un petit sifflement du turbo sympathique mais trop discret à mon goût.  C’est d’ailleurs le seul reproche que l’on peut faire à cette mécanique que j’ai trouvé finalement trop silencieuse, sans doute dans un souci de ménager une certaine la polyvalence aux propriétaires, qui ne veulent pas forcement disputer une spéciale de rallye chaque fois qu’il monte dans leur voiture !

Chaque sortie d’épingle est l’occasion de tirer sur cet énorme élastique qui reprend avec force et sans faiblir,  du bas du compte-tours jusqu’à 6 500tr/min ! Quelle allonge ! Un vrai bonheur et un gage de sécurité pour dépasser avec facilité. La boite de vitesse se marie parfaitement à ce moteur, qu’elle vient seconder efficacement. Les six rapports sont parfaitement étagés, fermes « comme il faut », mais ils accrochent un peu sur les rétrogradages rapides en conduite sportive. Dommage, une boite double embrayage rendrait l’ensemble tout simplement diabolique…

L’embrayage justement, est viril mais sans excès et en totale adéquation avec la philosophie de la voiture.

Les quelques petits griefs évoqués plus hauts ne sont rien en comparaison du plaisir ressenti au volant de cette Focus ST ! La direction permet de placer le train avant avec une précision chirurgicale sur la trajectoire souhaitée, tandis que l’arrière enroule sans broncher et accepte même d’aider à tourner si on le lui demande gentiment !

En conduite rapide, le châssis reste imperturbable, fantastique de facilité dans les enchainements de courbes à grands rayons. En sortie d’épingles par contre, lors de fortes accélérations sur des routes bosselées, des effets de couples propres aux tractions puissantes apparaissent (la voiture « lit » le relief de la route), ce qui oblige à tenir très fermement le volant pour emmener la voiture où on le souhaite. La Focus ST ne dispose pas d’un train avant à pivots découplés, contrairement à l’ancienne Focus RS, ce qui aurait amélioré les choses. Cela va dans le sens de cette fameuse polyvalence déjà évoquée plus haut. Mais après tout, c’est aussi le charme de ce type de sportive que de devoir « s’en occuper » !

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Châssis abaissé de 10mm, jantes de 18 pouces, kit carrosserie « explicite », cette Focus ne demande qu’à dévorer l’asphalte !

Les routes autour du lac du Causse sont un vrai bonheur et les ressources de « ma » Focus semblent inépuisables. Malgré la succession de freinages appuyés, celui-ci reste très efficace même s’il commence à couiner un peu sous la contrainte.

De toute façon, l’heure tourne et je dois rapporter la voiture à la concession GAP AUTOMOTIVE qui m’a confié la bête. L’occasion de voir comment notre « monstre » s’en sort en ville et sur autoroute. Sur cette dernière, la Focus se révèle silencieuse et très confortable (merci les sièges Recaro !).

En ville, sur les routes défoncées de Brive, la Focus est bien… gaillarde (ah ah !)… et n’impliquera pas de frais d’ostéopathie !! Mis à part un embrayage pas toujours facile à doser sur les deux premiers rapports, elle reste parfaitement civilisée et utilisable au quotidien. Presque trop… Autres temps, autres mœurs, l’heure n’est plus au « brutal».

 A BORD:

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Des assemblages soignés, un équipement riche et hightech, mais certains plastiques détonnent dans cette habitacle pas assez exclusif et à l’ergonomie compliquée.

A l’intérieur, l’ambiance se veut là aussi résolument sportive avec de magnifiques sièges, signés Recaro, au maintien impeccable, mêlant cuir et tissu avec rappel de la couleur extérieur (J’ai un peu l’impression que les « selliers » ont dépecé Casimir… ça me mets mal à l’aise…). Ils participent grandement au confort de conduite et à la sensation de faire corps avec la voiture. Pas sûr en revanche qu’ils conviennent à tous les gabarits.

Le ciel de toit noir met aussi dans l’ambiance tandis que l’éclairage à LED (plafond, levier de vitesse, seuils de porte…) apporte un peu de chaleur dans cet intérieur sportif mais très sombre.

La planche de bord est identique aux autres modèles (avec des tachymètres spécifiques toutefois) reprenant donc les qualités et les défauts propres à la Focus. Ainsi,  la finition est globalement réussie, avec de beaux plastiques moussés en partie haute, mais qui en côtoient d’autres, plus fragiles et bien moins valorisants en partie basse. Plus contrariant encore, les plastiques mats de la console centrale, lisses et qui se rayent facilement, sont indignes d’un véhicule « image » comme la Focus ST affichée à plus de 30 000 euros.

Ajoutons une ergonomie très confuse avec une multitude de commandes (et ce d’autant plus que les équipements sont très nombreux) demandant bien trop de réflexion pour être utilisés de manière intuitive. Enfin, et c’est là un avis totalement subjectif, pourquoi proposer quasiment le même volant que sur une banale Focus diesel ou un « C-Max des familles » ? Ce n’est pas le petit monogramme « ST » en véritable « chrome de plastique » apposé au bas du volant, ni le cuir perforé  façon « Renault-21-Turbo-des-années-90 » qui fera illusion ! S’il vous plait Mr Ford, cassez votre tirelire pour offrir un beau volant sport trois branches à votre belle auto !! Elle le mérite ! En l’état, cet intérieur manque trop d’exclusivité.

Des sièges sublimes... et parfaits !

Des sièges sublimes… et parfaits !

 Côté équipements, Ford garde ses bonnes habitudes en proposant un équipement pléthorique et ultra moderne comme le « Ford Sync » qui permet par exemple de lire vos SMS à voix haute. Plus besoin d’attraper son smartphone à la hâte et de quitter la route des yeux. Un vrai plus pour la sécurité.

Notre modèle d’essai était « toutes options » : équipé du Pack Style ST (260€, incluant les jantes Gris Rado, les étriers de freins rouge et les plaques de seuil de portes rétro éclairées) et du pack sécurité intégrale (1 200 €… aïe ! ça pique !) qui comprend notamment la reconnaissance des panneaux de signalisation, l’alerte de changement de file et l’aide au maintien dans sa voie de circulation, le système « BLIS » de détection d’angle mort, mais aussi du système audio SONY avec GPS Europe et caméra de recul. Bref, le top du top, même si tout cela a un prix. En proposant tous ces « packs », Ford fait entrer la Focus ST dans le monde du haut de gamme mais y laisse un peu de son âme de sportive. Polyvalence, polyvalence, vous dis-je !

Lecture des panneaux, détecteur de pluie, etc.  Les capteurs en tous genres ne manquent pas et fonctionnent sans « bugs » notables.

Lecture des panneaux, détecteur de pluie, etc.
Les capteurs en tous genres ne manquent pas et fonctionnent sans « bugs » notables.

    

Bien utile, la caméra de recul ! L’écran est un peu petit.

Bien utile, la caméra de recul ! L’écran est un peu petit.

L’éclairage indirect rouge est discret  mais sympathique de nuit.

L’éclairage indirect rouge est discret mais sympathique de nuit.

 

Terminons ce tour du propriétaire en évoquant les deux types de carrosseries proposées : 5 portes et break SW. Et oui, une sportive d’aujourd’hui n’imposent plus de se limiter à 3 portes ! Merci d’avoir pensé aux papas pressés qui n’ont pas renoncés au plaisir de conduire en fondant une famille !! La place proposée est suffisante (sans être exceptionnelle au regard de la longueur de la voiture), tant au niveau des jambes que de la capacité du coffre (environ 400dm3).

Un coffre aux formes régulières, à la capacité suffisante mais pas exceptionnelle rapportée aux dimensions de la voiture.

Un coffre aux formes régulières, à la capacité suffisante mais pas
exceptionnelle rapportée aux dimensions de la voiture.

 

Il en est de même pour l’espace proposé aux places arrière.

Il en est de même pour l’espace proposé aux places arrière.

BUDGET :

Parlons gros sous : 31 150 € en 5 portes, 32 000 € en break SW, il n’y a rien de scandaleux au regard des prestations proposées, du brio du châssis et de la mécanique. De plus, Ford est toujours généreux lors des négociations…

La dotation de série est complète, c’est une habitude de la marque. Pour devenir pléthorique, il faut passer par les « packs »d’équipements qui salent quand même copieusement l’addition (GPS Europe avec caméra de recul et Hi-Fi à 1 800€, Pack sécurité intégral à 1 200€, peinture Tangerine Scream à 1 200€… alors qu’elle est à 750€ sur les modèles inférieurs… Va comprendre…).

En comparaison, une Golf GTI de 230ch est à 33 740 € tout en étant moins bien équipée. Privilège de la référence… De quoi agrémenter sa Focus des options proposées sur notre modèle d’essai. Évidemment, à la revente, la Golf gardera sans doute une longueur d’avance.

La consommation « officielle » mixte est de 7,2 litres. Optimiste, comme toujours ! Lors de notre essai, l’ordinateur de bord nous indiquait 14 à 15 litres en conduite sportive sur les routes torturées du Causse corrézien. Mais c’était si bon qu’il était difficile de résister ! Le parcours urbain et autoroutier a fait redescendre la moyenne à 11 litres. Au quotidien, on peut donc tabler sans problème sur une consommation, raisonnable vue la puissance, nettement inférieure à 10 litres.

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Le cœur de la bête ! Ben… on ne voit pas grand-chose!

LES ATOUTS

– Ensemble moteur / boite

-Accord confort / tenue de route

– Efficacité

– Freinage inépuisable et « facile »

– Rapport prix / équipements

– Polyvalence d’utilisation

– Disponible en break (exclusivité dans le segment à part la Mégane GT Estate de 220ch)

LES POINTS FAIBLES

– Remontées dans le volant (effet de couple) trop importantes en conduite sportive

– Finition décevante et peu exclusive (sauf les sublimes sièges)

– Presque trop polyvalente… sauf si la future R.S. arrive bientôt !

CONCLUSION:

Quand Casimir fait de la « muscu », il ne fait pas semblant !! Quelle bête ! Ford, qui a fait du plaisir de conduire une de ses marques de fabrique, ne s’est pas trompé avec cette version de la Focus : c’est une vraie réussite et le plaisir pris à son volant est immense.

Mais attention, elle n’est pas une sportive radicale malgré ce que ses 250 ch et sa fiche technique alléchante laissent croire. Ce rôle, c’est sans doute une future Focus R.S. qui le tiendra (viiiiite Mr. Ford !).

Au final, je ne trouve à lui reprocher qu’un intérieur banal et une sonorité à haut régime pas si envoutante qu’espérée. Son efficacité générale, sa puissance inépuisable et finalement sa (trop ?) grande homogénéité balaient ces quelques défauts mineurs et font du temps passé au volant de cette Focus des moments intenses et mémorables !

« Mangez-des pommes ! » Un slogan qui parle aux corréziens pour diverses raisons…  Cette Focus, elle, a mangé du lion !

« Mangez-des pommes ! » Un slogan qui parle aux corréziens pour diverses raisons… Cette Focus, elle, a mangé du lion !

REMERCIEMENTS… et doléances :

        Merci à la concession Ford-Mazda GAP automotive (50 Rue Antoine Dubayle, 19100 Brive-la-Gaillarde –05 55 88 02 95) pour le prêt de ce véhicule et spécialement à leur commercial Cédric Hénon pour son accueil et la confiance qu’il m’a témoigné en me  donnant l’opportunité de réaliser cet essai sans contraintes… autres que de lui rapporter la voiture entière!

        Si seulement il était possible de renouveler l’expérience, cela serait formidable ! Pour cela, il faudrait penser à répondre au téléphone, à rappeler ou même, soyons fous, à donner suite aux courriers et autres visites personnelles… ! Il est un  peu dommage de ressentir que seule la vente est importante dans cette concession.

LES ROUTES DE L’ESSAI:

A 10 km au sud-ouest de Brive se situe le lac du Causse, 200 ha aménagés (dont 100ha d’eau) pour la randonnée ou les sports nautiques. De nombreuses compétitions d’aviron s’y disputent régulièrement (championnat du monde junior et universitaire notamment).

Aux alentours, les routes traversant les magnifiques villages de Chasteaux, du Soulier, de Lissac-sur-Couze par exemple et toutes celles serpentant autour du lac sont propices à la balade. Ces départementales sont magnifiées au volant de cette sportive. Ça monte, ça descend, ça tourne… Bref, le terrain de jeu idéal pour juger des aptitudes d’une telle auto.  Tout ceci aux allures légales…

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