ESSAI: HYUNDAI TUCSON 1.7 CRDi 141 DCT-7 Creative

HYUNDAI  1.7 CRDi141 DCT-7 CREATIVEPrix: 32900 € – 7 cv – MALUS:  60 €  (2017)


L’OUTSIDER!

Alors qu’en tête des ventes du marché des SUV, les nouveaux Peugeot 3008 et Volkswagen Tiguan promettent de s’écharper joyeusement, il est un modèle se présentant comme une alternative à ne pas négliger au moment du choix: le Hyundai Tucson! Apparu fin 2015, il est la valeur sûre de la marque coréenne. Cette troisième génération, disponible depuis peu avec une inédite boite double embrayage à 7 rapports et un 1.7 diesel de 141 chevaux, met les petits plats dans les grands pour continuer d’exister au côté de ses encombrants camarades de jeu…


PREMIER CONTACT

Visuellement un peu petites ces jantes de 17 pouces…

S’il est un modèle qui a contribué à la très bonne image de Hyundai sur notre territoire, c’est bien le Tucson! C’est sous la peu évocatrice dénomination « ix35 » (pour sa deuxième génération) qu’il a rencontré un grand succès commercial et d’estime auprès des automobilistes français et européens.

Ce nouvel opus virilise ses lignes, muscle ses traits, pour nous offrir un coup de crayon indéniablement réussi, s’inspirant largement de son grand frère, le superbe Santa Fe. Son profil dynamique, ses passages de roue marqués et originaux, son arrière ramassé, son nez court, sa face avant agressive et volontaire n’appellent que des éloges. Sur notre version « Creative », seule les « petites » jantes (des 17 pouces chaussant des pneus de 225/60) semblent un peu perdues au milieu de ces grands passages de roues, promettant par contre, avec ses flancs hauts, un confort supérieur au modèle « Executive » qui passe directement à 19 pouces. La virilité du profil y gagne nettement. 

Moins exubérant qu’un 3008, qui pourrait rebuter certains clients, il se rapproche davantage dans sa philosophie de son concurrent germanique, le Volkswagen Tiguan classique mais virilisé lui aussi, le coréen proposant à mon sens un dessin plus expressif. Un juste milieu serais-je tenté de dire…

Sa fiche technique donnant elle aussi l’eau à la bouche,  avec une boite double embrayage à 7 rapports (c’est à mon avis un élément indispensable dans une gamme moderne de nos jours…) associée à un inédit « petit » 1.7 litres de 141 chevaux qui s’annoncent suffisants (mais pas de trop!) pour mouvoir ce beau bébé de 1623kg, c’est avec envie et curiosité que je me suis installé derrière son volant!

Ce n’est pas la pluie battante rencontrée tout au long de cet essai qui allait refroidir mes ardeurs! L’excellente visibilité permet, il faut dire, de bien appréhender les dimensions du Tucson, d’autant que cette finition offre les radars de stationnement avant et arrière ainsi qu’une caméra de recul, tandis que les rétroviseurs extérieurs sont de belle dimension. 


SUR LA ROUTE

Premier constat, très positif, contrairement à bien des moteurs diesel, ce 1.7 est très bien élevé! Quel silence! Silencieux, pas vibrant pour deux sous (même à froid! Bravo!) j’en étais même à me demander si c’était bien un bloc « mazout »! Il se marie parfaitement à cette nouvelle boite double embrayage remarquable de douceur, très agréable mais plutôt lente de prime abord. Les décollages en première sont assez mollassons, ça rampe même un peu, puis de la seconde à la septième les rapports s’égrènent sans heurts et sans procurer de grandes sensations. Ce couple fait le job avec sérieux et rigueur et invite clairement à une conduite coulée, « en bon père de famille » comme on dit. Même le Quick Down réagit trop calmement.

Le châssis, offre un comportement à l’avenant, plutôt sage et tranquille avec un train avant assez souple pour bien absorber les chocs, dos d’âne et nids de poules et un train arrière un peu plus raide mais sans excès.  Le compromis confort/tenue de route est excellent entre fermeté (faible prise de roulis) et souplesse (digestion des irrégularités) bien aidé sans doute par les pneus à flancs haut de cette version Créative. Toutefois, notons que les essais des revues spécialisées ne critiquent pas pour autant le confort des versions montées en 19 pouces (hauteur des flancs en 45).

Pour ma part, sur cette version, je n’ai été désagréablement surpris que par des bruits de roulements trop présents à mon goût, gâchant un peu le confort acoustique de cette auto très réussie!

En haut à gauche: le bouton magique!

Mais alors? Ennuyeux le Tucson? face à ses rivaux aux châssis affutés, cela serait un handicap certain! Rassurez-vous, le châssis accepte volontiers de hausser le rythme! On découvre alors le Tuscson joyeux mais imperturbable, léger à mener de virages en virages sans jamais être piégeux! Son train arrière est sans histoire et il accompagne sans broncher l’avant.

Mais surtout, le Tucson change de personnalité mécanique lorsqu’on se penche sur le bouton « Drive Mode » qui permet de sélectionner un mode « Sport » (l’autre se nomme « Normal »… On ne peut faire plus simple!). Le régime moteur grimpe alors de 500tr/min, le 1.7 Turbo offrant alors une vraie légèreté et une aisance à monter dans les tours jusqu’à la zone rouge. Cette belle allonge et une grande réactivité dans les mi-régimes permet d’affirmer que la puissance disponible sera largement suffisante à vide comme en charge.

La boite DCT-7 devient elle aussi bien plus réactive, s’accordant parfaitement une nouvelle fois avec le moteur, dans un registre totalement différent. Agréable d’avoir le choix et de pouvoir s’amuser l’espace de quelques kilomètres si le cœur nous en dit!

Une excellente boite! Mais oubliez le mode « manuel ».

Par contre, à mon sens, inutile de passer en mode « Manuel », d’une part parce qu’il faut lâcher le volant pour actionner le levier (pas de palettes au volant) et d’autre part car le sens de monter et de descente des rapports est illogique: on pousse vers l’avant pour… monter les rapports et on le tire pour rétrograder! Du coup, on réfléchit et on se trompe. Même si avec l’habitude cela ne doit plus poser  de problèmes, autant laisser l’électronique faire « le job », elle s’en sort très bien!

Comme toujours chez Hyundai, j’ai adoré la précision et la rigueur du train avant, ainsi que son adhérence exceptionnelle malgré des routes incroyablement humides et très souvent recouvertes d’un tapis de feuilles menaçant! L’antipatinage, lorsqu’il entre en jeu le fait avec une discrétion très agréable et une efficacité sans faille!

C’est du grand art: bravo!

Dommage du coup que la direction, pour sa part, manque de rappel à mon goût et s’avère un peu trop collante à basse vitesse. La sensation de vivacité en pâti un peu. Le Tucson n’ayant aucune velléité sportive, on ne peut pas vraiment considérer ce parti-prix de mise au point comme un gros défaut!

Enfin le freinage n’appelle que des compliments, malgré une course d’attaque relativement longue, car le Tucson freine fort et longtemps (même sur petites routes et en descente), avec une consistance idéale pour tous, pour doser les ralentissements.


À BORD

Le Style Hyundai est parfaitement identifiable sur ce nouveau Tucson, avec un design très sobre mais plutôt dynamique. Les teintes uniformément grises de notre modèle d’essai sont franchement déprimantes (on pourra aussi les trouver… « discrètes »…) mais il est heureusement possible d’opter pour une superbe teinte bi-ton avec le bas de la planche de bord « crème », comme sur cette version haut de gamme exposée dans le hall de la concession Pouget. Ce choix fait grimper le standing intérieur d’un gros cran à mon sens!

Vraiment superbe avec ce mariage gris/beige!

Le grain des plastiques reste assez classique, à l’instar d’un Tiguan me direz-vous, mais le nouveau 3008 ose davantage les mélanges des matières (sans parler du style), avec un goût très sûr. Nous sommes là dans un classicisme de bon aloi, très rassurant et réussi, ne vous méprenez pas sur mon commentaire!

Comme toujours chez Hyundai, les plastiques sont majoritairement rigides, avec un effort notable sur les contre-portes, légèrement rembourrés en partie haute, et surtout tout le bandeau du haut de la planche de bord devant le passager jusqu’au conducteur, moussé « à cœur ». Dommage pour le coup que la « casquette » qui surplombe l’instrumentation soit rigide. Saluons en tout cas cet effort pour monter en gamme et se rapprocher ainsi des standards exigés par la clientèle européenne!

En tout cas, les assemblages sont toujours aussi rigoureux et les plastiques rigides présentent très biens tout en étant très résistants! « Certains » qui en mettent plein la vue de prime abord devraient en prendre de la graine…

C’est « tristoune » quand même… Vive le beige!

L’ergonomie est intuitive et facile à appréhender, via les commandes disposées sur les branches du volant, sur le bloc de climatisation (placé un peu bas ce qui oblige à quitter la route des yeux), et surtout par le biais de l’écran tactile de 8″. Malgré un « jonglage » entre l’écran tactile et les commandes « physiques » placées juste au dessous, l’ensemble est facile à utiliser et surtout à lire. Cet équipement ne souffre que de graphismes désuets face aux plus récentes productions. Ne comptez pas sur une quelconque possibilité de personnalisation des affichages, ce n’est pas au… menu!

Pourtant récent, le Tucson prend ici un « petit coup de vieux ». 

Les rangements sont nombreux et accessibles, confirmant la vocation familiale du Tucson.

L’espace disponible est absolument remarquable tant à l’avant qu’à l’arrière. Hauteur sous pavillon, largeur, espace aux jambes… Le Tucson est sans conteste la référence en la matière, sans doute avec le Tiguan et sa banquette coulissante ou le futur Skoda Kodiak. Le Nouveau 3008 n’offre pas la même aisance surtout au niveau des jambes. Même la place centrale n’a rien d’une punition, puisque le tunnel centrale est peu imposant et la largeur aux épaules conséquente. 

Un mot sur la position de conduite, remarquable comme dans toute Hyundai qui se respecte, avec un pédalier ancré au sol parfaitement positionné, une colonne de direction réglable sur une large amplitude (hauteur et profondeur) tout comme les sièges très bien dessinés et à la consistance ferme. Un peu plus de maintien latéral n’aurait pas été pour me déplaire (je fais souvent cette remarque je vous l’accorde!).

Dans le coffre, la présence d’une roue de secours limite le volume utile à 488l, contre 513l pour un modèle dépourvu de cette option. Suffisant dans l’absolu, il ne figure pas parmi les plus vastes de sa catégorie et on pouvait espérer un peu plus rapporté au gabarit extérieur. En comparaison, le nouveau 3008 en offre 520 avec un plancher réglable de surcroit. Pourtant il n’y a pas grand chose à lui reprocher d’autre: ses formes régulières (malgré l’intrusion des passages de roues)  le rendent facilement exploitable, notamment grâce à une belle largeur. Le plancher formé par le coffre et le dossier des banquettes rabattues est plat, mais ces derniers ne peuvent se rabattre depuis le coffre, au contraire de ses concurrents directs qui offrent souvent des tirettes bien pratiques. Dommage.

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BUDGET

32900€ pour cette version proposant l’avant dernier niveau de finition, auquel rien de fondamental ne manque, un diesel moderne et une talentueuse boite robotisée, il serait malvenu de faire la fine bouche devant cette fine fleur du constructeur Coréen!

Cette version dispose en plus des équipements traditionnels attendus à ce niveau de gamme (le « tout électrique » évidemment, les feux automatiques, le capteur de pluie,  le rétroviseur intérieur jour/nuit automatique, la climatisation bizone, les vitres arrières surteintées, l’aide au stationnement arrière et j’en passe, déjà présent sur la finition inférieure Intuitive à partir de 30250€ seulement!) de quelques raffinements intéressants: l’incontournable écran tactile de 8″ avec le système de navigation Europe (+ les mises à jour et le système TomTom Live),la reconnaissance des panneaux de limitation de vitesse, l’ordinateur de bord en couleur, l’aide au stationnement avant, la caméra de recul, les sièges avant et arrière chauffants, l’assistance au maintien de voie (déroutant avec ses petits coups de volant sur les routes à deux voies!) et divers petites attentions cosmétiques. Voilà une politique d’équipements très satisfaisante pour le propriétaire, qui n’a pas à remettre la main au porte monnaie autrement que pour bénéficier d’une peinture métal (600€ seulement), d’un toit ouvrant panoramique (990€), voire de jantes de 19″ pour le style (450€)… qu’offrait dernièrement une très alléchante série spéciale S Edition (750 exemplaires) qui offrait cet équipement et les poignées de portes chromées pour le même prix que notre modèle d’essai! 

La version « Ultime », baptisée EXECUTIVE offre un équipement encore plus pléthorique pour 36700€ avec la sellerie cuir, les feux de croisement à LED, le hayon mains-libres, ou l’assistance active au stationnement et j’en passe! Un seul commentaire: peu importe la version choisie, les tarifs sont imbattables… et sont complétés par la rassurante garantie 5 ans kilométrage illimité! 

Du coté de la concurrence, les « favoris » se monnaient bien plus chers ou bien n’offrent pas le même niveau d’équipement DE SÉRIE. Un Volkswagen Tiguan 2.0 TDI 150ch BlueMotion Carat DSG7 débute à… 40 980 € (37560€ pour un Confortline bien moins équipé), alors qu’un Peugeot 3008 1.6 BlueHDI 120 (oui… seulement…) Allure EAT6 s’échange contre un chèque de 34 250€ (36 250€ pour un GT-Line).

La concurrence directe viendra en « interne » du faux-frère Kia Sportage, qui partage tous les éléments techniques de notre Tucson et qui demandera 32 990€ en finition GT Line (Oui… Eux aussi… Comme chez Peugeot… Comme chez Renault…), équivalente à notre « Creative ». Citons également les siamois Renault Kadjar ou Nissan Qashqaï équipés d’un DCi 130 tous les deux et qui réclameront 32 600€ pour le premier nommé (en finition Intens) et 34 150€ pour le nippon (finition N-Vision). Le marché étant pour le moins saturé de SUV de ce type, je pourrais poursuivre longtemps ce listing! Une chose est certaine, le Tucson est une très bonne proposition vendue au prix le plus juste! Rien à redire la dessus!

Au rayon des regrets, signalons simplement l’absence d’une aide au freinage d’urgence, qui existe chez Volkswagen notamment et rend un Tiguan presque autonome… Mais le prix n’est pas le même j’en conviens!!

Et comme la consommation n’a rien d’excessive, on n’est pas loin de la bonne affaire! Même si l’indicateur de consommation instantanée est imprécis (toujours ce système de barre plutôt que des chiffres précis…), j’ai globalement relevé moins de 5 litres à 50km/h à vitesse stabilisée, 6-7 litres à 90 km.h et autour de 7,5 litres à 110 et 130 km/h. Notez toutefois que l’indicateur de conso instantanée grimpe vite dès qu’on accélère… Même un peu… Le poids conséquent de l’engin (1600kg environ)  peut expliquer cet état de fait. Le grand réservoir (62 litres) permet sans aucun doute d’atteindre ou même dépasser les 800km d’autonomie ce qui est très bien!

Un mot enfin, qui ne concerne pas directement ce Tucson, pour signaler qu’il est peut-être temps de se pencher sur les mécaniques essence de ces modèles au moment du choix. Leurs progrès en consommation sont réels ces dernières années, tout en permettant de réduire la facture d’achat de manière conséquente. Ils offrent par ailleurs un agrément réel et  un confort acoustique et « vibratoire » bien plus satisfaisant que n’importe quelle mécanique diesel aussi talentueuse soit-elle!

Voilà qui est dit! 😉


LES POINTS FORTS

Ligne athlétique réussie

Rigueur de comportement

Boite DCT-7 remarquable

Moteur très réussi

Train avant (marque de fabrique de Hyundai!)

Confort

Habitabilité

Équipement de série

Tarif juste

Garantie 5 ans kilométrage illimité

**********************************

LES POINTS FAIBLES

Ambiance intérieure austère

Graphismes de l’écran tactile désuets

Modularité du coffre simpliste

CONCLUSION

Ne pas penser au Tucson au moment de choisir votre SUV serait une grave erreur! Ligne séduisante, comportement rigoureux, ensemble mécanique réussi, confort excellent, équipement pléthorique… Il n’y a pas grand chose à reprocher à ce talentueux SUV! Encore plus valorisant en finition haut de gamme Executive, il a le bon goût de ne jamais faire payer trop cher ses solides prestations. Les clients qui sauront s’éloigner des « Stars » de la catégorie vers lesquelles sont braqués tous les projecteurs, auront la satisfaction d’avoir fait un choix des plus judicieux!


REMERCIEMENTS

Au risque d’être un peu grandiloquent,  le GARAGE POUGET garde une place à part dans mon cœur puisqu’ils ont été les premiers à me donner ma chance il y a deux ans et demi lorsque j’ai lancé mon blog.

L’accueil y est à chaque fois très chaleureux et j’ai toujours plaisir à retrouver cette équipe! Un immense merci pour la confiance qu’ils m’accordent depuis le début!

HYUNDAI GARAGE POUGET

7 Avenue Abbé Jean Alvitre, 19105 Brive-la-Gaillarde

05 55 86 92 92


 

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