ESSSAI: VOLKSWAGEN COCCINELLE DUNE

VOLKSWAGEN COCCINELLE 1.4 TSI 150 DSG7 DUNE Prix: 31820 € – 8 cv – BONUS/MALUS:  0 €  (2016)


Bien dans  son époque!

Peu de voitures peuvent se targuer d’avoir marqué durablement l’histoire de l’automobile en traversant les âges et les modes sans perdre de leur aura. À l’instar d’une Fiat 500, d’une Mini ou d’une Porsche 911, la Volkswagen Coccinelle fait incontestablement partie de ces modèles intemporels qui incarnent un certain art de vivre l’automobile.

Aujourd’hui, pour se renouveler et vivre avec son temps, la Cox tente le mélange des genres en  se « cross-overisant » à l’occasion de son restylage de mi-carrière!

Alors? Simple coup marketing ou coup de génie? Cet essai de la Coccinelle « Dune » vous livre son verdict… 


PREMIER CONTACT

Déjà séduit par les lignes des finitions plus « conventionnelles » (Design, Denim…) de ce deuxième opus de la Cox, après sa renaissance  en 1998 sous les traits de la New Beetle, il faut bien avouer que cette version « Dune » en jette!

Un peu plus haute que la version standard, de 10mm…(c’est énoooooorme!), la Dune reçoit surtout des élargisseurs d’ailes en plastique, des pare-chocs sport inédits plus expressifs, des protections « alu » et des sabots « de protection « un peu partout et un spoiler fixe pour dynamiser encore un peu plus la ligne.

Ajoutez-y de sublimes jantes en alliage léger « Canyon » de 18 pouces et vous tenez-là une héritière (… selon les gars du marketing de Volkswagen…) des célèbres buggys dérivés des premières Coccinelles, ou de la version Baja 1000…

OK… Cosmétiquement parlant, admettons…  je veux bien jouer le jeu… Mais n’espérez pas crapahuter, même un trottoir un peu haut, les jantes n’apprécieraient pas du tout! Simple traction, cette version veut simplement surfer sur la vague des modèles esthétiquement baroudeurs, sans autre ambition que de flatter l’œil de son propriétaire ou des passants observateurs!

Si le noir lui va bien, la teinte « Sandstorm » du prospectus (… ben… un jaune métal! Le marketing a encore frappé… 😉 aurait ma préférence, histoire d’aller au bout du raisonnement, et mettre encore davantage en valeur tous ces détails de style qui rendent cette version diablement désirable!

Si ce modèle apporte indéniablement du piment au style de la Coccinelle, il me tardait d’en prendre le volant pour savoir si le ramage était à la hauteur du plumage!

SUR LA ROUTE

Première constatation, le duo formé par le 1.4 TSI de 150 chevaux et la boite DSG7 est parfait! Quelle belle harmonie! Discret en toutes circonstances, le moteur se fait totalement oublié. Pas bruyant en ville, offrant une sonorité agréable mais lointaine quand on le cravache un peu, ce petit 1.4 turbo est « pêchu » et volontaire dans les tours (Zone rouge à 6000 tr/min). C’est un régal. Disposant de la technologie COD (Complément d’Objet Direct? Naaaaan!!: Cylinder On Demand) qui coupe deux cylindres à basse vitesse ou à vitesse stabilisée pour réduire la consommation et les émissions de CO2, le passage de 2 à 4 ou de 4 à 2 cylindres est imperceptible. Belle maîtrise pour cette technologie novatrice déjà vue sur des moteurs bien plus gros du groupe!

La Boite DSG7 s’avère pour sa part très douce, égrenant un à un ses rapports sans que l’on sache vraiment sur lequel on se trouve sauf à regarder le chiffre indiqué au tableau de bord! Si dans certaines situations de rétrogradage effectuées via le Quickdown elle peut faire preuve d’une certaine inertie pour engager le ou les rapport(s) inférieur(s), la présence de palettes au volant permettent « d’accélérer le mouvement » si on le souhaite.

Ce mode manuel est rapide mais surtout très doux… Si doux qu’on n’entend pas le passage des rapports! Bravo la gestion de la boite et l’insonorisation! Cette absence de rupture de charge (le moteur ne redescend quasiment pas dans les tours entre les changements de rapports tant les passages sont rapides) liée à un silence de fonctionnement remarquable, fait qu’on ne sait jamais trop quand changer de rapport. Moralité: laissons la faire toute seule, elle le fait parfaitement  et si on souhaite « faire plus vite », une simple impulsion sur la palette « MOINS » fera décoller l’aiguille du compte tours pour plus de vivacité, même en mode « D ».

Les freins sont au diapason du reste: sans histoire, efficace, endurant, avec une consistance de la pédale très agréable permettant un dosage idéal en toute circonstance. j’ai beaucoup apprécié ce point.

Sur petite routes, j’ai été surpris par l’adhérence incroyable des gommes qui autorise des passages en courbe vraiment impressionnants! La taille des roues (235/45 R 18!) expliquent ces bonnes dispositions, rendant le train avant précis et le train arrière imperturbable. La voiture est légère et très agréable à mener, mais la largeur des gommes rendent la direction peu incisive et peu réactive autour du point milieu. Il ne faut donc pas hésiter à la brusquer un peu en entrée de courbe sous peine de devoir subir un train avant paresseux… Dommage, cela gâche un peu le plaisir de conduire. En la matière, une certaine concurrente germano-britannique sera plus plaisante à conduire. Notons que si on rentre trop fort dans une courbe serrée, un sous virage naturel apparaîtra qu’un simple lever de pied permettra d’endiguer, les gommes remordant alors instantanément le bitume. 

Terminons avec ce qui m’a finalement perturbé le plus au volant de cette version Dune: Plus haute, elle a tendance à prendre du roulis. Rien d’exagéré ni d’insoutenable si cela profite au confort. Mais chaussée de si grosses roues, aux flancs très bas et rigides, le confort est ferme. De  plus, les trépidations sont marquées sur mauvais revêtement, auxquelles s’ajoutent des bruits de roulements désagréables. Bref, pneus et châssis semblent quelque peu en désaccord dans ces conditions. Nul doute que les versions plus « classiques » s’en sortent mieux sur ce point.


À BORD

Tout comme l’extérieur, notre Cox Dune profite d’une présentation spécifique, qui s’accorde fort bien au style déjà très soigné des autres finitions. Le grand bandeau laqué qui reprend la teinte de la carrosserie est bien là, courant tout autour de l’habitacle, même si la teinte noire de notre modèle d’essai n’invite pas à la franche rigolade  et s’avère très sensible aux traces de doigts!

Avec d’autres teintes, cette relative austérité s’envole! Relative, car notre version Dune souligne ses sièges, ses coutures de volant et de levier de vitesses ainsi que ses compteurs d’un jaune qui égaye encore davantage l’habitacle! Personnellement, j’adore et on peut dire que la séduction joue à plein! Certes, le design des compteurs ne fait pas très XXIème siècle, mais l’écran tactile et les compteurs supplémentaires sur le haut de la planche de bord apportent une modernité et une sportivité bienvenue, que confirme le volant à méplat!

Le dessin des sièges offre tout à la fois  confort et  maintien, en plus de proposer des teintes originales et une superbe finition.

L’habitabilité avant ne pose aucun problème et s’avère plus que suffisante. Les rangements sont vastes et plutôt bien répartis.

Là où cette Coccinelle m’a un peu déçu, c’est par la qualité des plastiques employés! Rien à dire du côté des assemblages, ils sont globalement irréprochables, à quelques petites exceptions toutefois soyons honnête, faisant ainsi honneur aux standards de la marque.

La surprise vient de l’emploi de plastiques exclusivement rigides  sans grande originalité, dont certains présentent même un grain différent (et un peu plus grossier) par endroit, comme autour de la colonne de direction. Produite au Mexique pour le monde entier, ceci explique sans doute cela, tous les marchés n’ayant pas nos exigences en matière de présentation et de raffinement intérieurs.

La différence de grain est ici bien visible.

Un ajustage approximatif, inconnu chez les autres modèles Volkswagen.

D’autres détails sont extrêmement soignés!

Cette touche de jaune apporte un peu de modernité à ces compteurs au design classique.

À l’arrière, n’attendez pas de miracles, l’espace conviendra pour des enfants ou des adultes pas trop grands, car on a vite les genoux dans le dossier des sièges avant. J’ai par contre caser sans difficultés (de peu, certes!) ma tête avec mon mètre quatre-vingt, ce que la New Beetle m’interdisait! Saluons donc les progrès plutôt que de stigmatiser un espace disponible somme toute modeste. On achète pas une Coccinelle pour cela de toute façon, n’est-ce pas?

Superbes sièges qui sont pour beaucoup dans l’ambiance particulièrement plaisante qui se dégage de cet habitacle.

Côté coffre, pas de miracle mais pas de scandale non plus: ouverture pas si étroite, forme bien exploitable et capacité suffisante (310 dm³).  Évidemment, la modularité n’est pas son fort: pas de rangement sous le plancher, et une marche entre le coffre et les dossiers rabattus, qui ne sont pas plat de surcroit. Encore une fois, on achète une Coccinelle, pas un Touran… 

Un dernier mot pour parler du toit vitré ouvrant. J’ai trouvé l’ouverture « ridiculement » petite, alors que de l’extérieur, ce panneau de verre promettait bien plus.

Une option pas indispensable donc et ainsi 700€ à placer ailleurs selon moi.

Oui oui… J’étais au « max »…


BUDGET

Version plutôt exclusive, à part, cette Dune se paie au prix fort de 31820 euros. Aïe… ça pique un peu quand même! Notre version d’essai, équipée de la peinture métallisée (640€), du toit vitré « pas trop ouvrant » (700€), de la caméra de recul (265€) d’une extension de garantie de 2 ans + 1 ans ou 60 000km (335€) monte à 34 259€ (frais de mise à la route inclus). Bref… ça commence être coquet surtout s’il faut encore en rajouter pour obtenir l’accès et le démarrage sans clé (410€), ou encore la très tentante installation audio « Fender » à 775€ ou la commande vocale à 225€. Par contre, sur la Cox, point d’ ACC ou de Park Assist, ces équipements sont indisponibles. On se dit alors que toute « Dune » qu’elle est, cette Coccinelle fait tout de même cher payer sont excellent ensemble moteur/boite et l’art de vivre qu’elle véhicule.

L’équipement de série est pourtant très fourni: alerte de perte de pression des pneus, système de détection de fatigue, assistant au démarrage en côte grâce à une fonction anti-recul , projecteurs bi-Xénon pour feux de route et feux de croisement, feux de jour à LED ,projecteurs antibrouillard avant avec éclairage statique d’intersection ,coques de rétroviseurs peintes ‘Reflet d’argent’, élargisseurs de passages de roues couleur noire et autres éléments esthétiques spécifiques déjà mentionnés, feux arrière à LED et éclairage de plaque à LED, jantes en alliage léger 18’’ ‘Canyon’ avec pneumatiques 235/45 R18, vitres arrière et lunette arrière surteintées à 65%…

A l’intérieur, bien sûr, toutes les commodités d’usages sont présentent et plus encore avec notamment:

allumage automatique des feux pour fonction Leaving Home automatique, et fonction Coming Home à réglage manuel,  aide au stationnement avant et arrière avec signaux sonores et visualisation de la distance des obstacles sur l’écran, Car-Net ‘App-Connect’,climatisation automatique ‘Climatronic’ bi-zone, détecteur de pluie,interface Bluetooth® mains-libres pour téléphone portable avec fonction Audio Streaming A2DP avec possibilité de connecter deux téléphones en Bluetooth en même temps,ordinateur de bord multifonction grand écran, régulateur de vitesse,rétroviseurs extérieurs dégivrants et rabattables électriquement, rétroviseur intérieur jour/nuit automatique, système Navigation & Infotainment ‘Discover Media’ avec écran couleur tactile 6,5’’ et volant cuir multifonction spécifique ‘Dune’ (avec palettes au volant sur notre DSG)

Pour le même prix ou presque, je me demande s’il ne vaudrait mieux pas délaisser cette atypique « Dune », pourtant séduisante à bien des égards j’en conviens, pour une version plus sage, mais… en cabriolet par exemple! On achète pas une Cox pour faire du sport, même la Dune n’en raffole pas, donc pourquoi pas opter pour une version de base Design cabriolet, avec le même moteur et la même boite débutant à 31 180€ ou alors une série spéciale Denim pour 32 140€. Pour information, les mêmes mais « non décapsulables » demandent respectivement 27 140€ et  28 200€, de quoi rajouter quelques options sympas pour vous la configurer à votre gout si vous n’avez pas le coup de cœur pour le cabriolet (moi… si…).

Dans le genre « légende séduisante », on ne peut passer sous silence l’existence de la Mini, si on veut rouler décalé et à la mode, même si les deux autos n’appartiennent pas vraiment à la même catégorie. Prenons une version 3 portes pour la comparaison frontale, mieux finie mais moins habitable, plus agréable à conduire mais moins puissante et surtout plus pingre en équipement de série (le mot est faible…). Inutile donc de brandir un ticket d’entrée à 20400€ pour une Cooper 136ch comme argument décisif, ce dernier ne tient pas une fois les packs en tous genre et les options ajoutées (je vous renvoie à mon essai de la belle anglaise par votre serviteur pour juger de son tarif). Si on parle de la version cabriolet, une Cooper 136 sans options débute à 24650€.

Là où, par contre, la Cox fera l’unanimité, c’est avec ses consommations très basses: à vitesse stabilisée, il est possible de descendre sous les 5 litres à 50km/h (à moins de 1500tr/min), autour de 5,5 litres à 90 et 110 km/h (+ou- 200tr/min) et moins de 7 litres à 130 (2500 tr/min)! Chapeau, pour un moteur essence de cette puissance avec une boite DSG ce sont des valeurs remarquables! Volkswagen maîtrise vraiment sujet! Le Stop & Start est présent, discret et efficace, couplé à un système de récupération d’énergie au freinage et en décélération. Tous les bienfaits de cette technologie embarquée se retrouve donc à la pompe!


LES POINTS FORTS

Ligne indémodable & voiture « légendaire »

Ensemble moteur/boite trèèèès talentueux

Efficacité générale

Tenue de route

Freinage

Équipement de série riche

Consommation

Version Dune « à part »

Habitacle très séduisant

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LES POINTS FAIBLES

Confort trépidant

Opposition contradictoire roulis/fermeté

Surmonte pneumatique inadaptée

Direction peu incisive et réactive

Plastiques exclusivement rigides

Quelques lacunes d’équipements « modernes »

Tarif élevé

CONCLUSION

Alors oui, cette version Dune n’est peut-être pas la version la plus séduisante de la gamme avec ce compromis confort/tenue de route discutable et son tarif élevé. Pourtant, malgré les plastiques exclusivement rigides composant la planche de bord, choix inconnu sur d’autres modèles de la marque en Europe, le charme opère à 100% à  bord de cette version Dune. Sa ligne extérieure virilisée et « crossoverisée » est elle même plus séduisante que jamais, et fait tourner bien des têtes. A ce pouvoir de séduction, elle  ajoute un indéniable brio mécanique et une frugalité indispensable de nos jours.

Cette mythique Coccinelle continue donc d’évoluer avec intelligence pour entretenir sa légende, en jouant toujours la fibre nostalgique mais en répondant aussi à une demande bien de notre temps qui est d’occuper toutes les niches d’un segment. Alors Dune ou pas, la Cox reste sans nul doute l’un des meilleurs moyens de rouler « différent » sans renoncer à ses exigences d’automobiliste du XXIème siècle! De quoi passer outre ses quelques petits défauts qui font aussi partie de son charme. 


REMERCIEMENTS

Accueil extrêmement sympathique, ambiance chaleureuse et sourires… inutile de préciser que, comme à chaque fois, j’ai toujours grand plaisir à retrouver toute l’équipe de la concession Volkswagen Axess Automobiles à Brive, qui m’accorde sa confiance depuis le début de l’existence de ce site!

Ah ben si, du coup… Je viens de le faire! 😉

Merci à toute l’équipe une nouvelle fois!

VOLKSWAGEN AXESS AUTOMOBILES (Groupe FAURIE)

Rue Armand Sourie, 19100 Brive-la-Gaillarde

Téléphone :05 55 87 17 17

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